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Les Joyeuses Proms de Londres 

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Ambiance survoltée de la Dernière Nuit des Proms en 2018, au moment de l'hymne Rule Britannia - ph. bbc.co.uk

British tradition at its best ! 🇬🇧

"Je vais organiser des concerts nocturnes et former le public par étapes faciles. Populaire d'abord, puis élevant progressivement le niveau jusqu'à ce que j'aie créé un public pour la musique classique et moderne". 

Robert Newman, créateur des Proms avec le chef Henry Wood en 1894

Et ce qui fut dit fut fait. Très rapidement. Voici comment.

D'abord, qu’appelle-t-on Proms, dites aussi BBC Proms- Ce sont des séries de concerts de musique classique, nées en 1895 et présentées et diffusées par la BBC depuis 1927. Elles se déroulent tous les ans durant huit semaines pendant la saison estivale, de juillet à septembre. Visiter Londres à cette période sans y assister est une sorte de crime de lèse-majesté - sa Majesté étant bien sûr la Musique ! Le mot de Proms est l’abréviation de l’expression française Concerts Promenades qui naquirent en France au début du XIXè siècle et furent introduits au Royaume-Uni quelques années après. Cependant il ne faut pas oublier les extraordinaires concerts donnés en extérieur pour le Roi par le grand Haendel sur la Tamise en 1717 (la Water Music) et dans les jardins privés de l'aristocratie ou dans Green Park en 1749 (les Royal Fireworks). Vous pouvez lire l’article qui lui est consacré en cliquant sur Haendel et l’Affaire des Royal Fireworks. Le chef d'orchestre tchèque Jiří Bělohlávek (1946-2017) premier non anglophone à diriger, en 2007, la fameuse “ Last Night “  considérait les Proms comme “le plus important et le plus démocratique festival de musique”.  Ce qui est toujours le cas.

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Robert Newman en 1906

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Henry Wood lors d'une répétition vers 1935

De nos jours, la saison comprend plus de 90 concerts donnés au Royal Albert Hall, 8 au Cadogan Hall ainsi qu’une série de Proms in the Park dans les métropoles régionales. Cette remarquable et noble idée germa un jour de 1894 dans l’esprit de Robert Newman (1858-1926) homme d'affaires et agent de concerts, passionné de chant et de musique classique. Son ambition était de rendre des gens, à l’oreille peu exercée, capables “to enjoy serious music” - d’apprécier la musique prétendument “savante” et coûteuse - dans une atmosphère décontractée. . Il était convaincu que la musique classique possédait des propriétés curatives grâce à ses vibrations permettant à l’esprit de se concentrer sur des pensées positives. En outre,  il fallait remplir le Queens’Hall pendant la période estivale durant laquelle les Londoniens évitent les théâtres et les salles de concert.

Et, pour que le prix des concerts soit abordable pour tous, il fixa le prix à 1 ​shilling pour un seul billet et 1 guinée (1 livre et 1 shilling) pour un abonnement à tous les concerts de la saison. Il se rapprocha du jeune Henry Wood (1869-1944)* compositeur, chef d’orchestre novateur et excellent pédagogue, pour l’aider dans cette entreprise audacieuse. Enthousiaste et généreux, celui-ci  accepta sur le champ et dirigea presque chaque concert pendant près d’un demi-siècle. Il leva sa baguette pour la première fois le 10 août 1895 au Queen’s Hall. Parmi les témoins de l'inauguration , il y eut Agnes Nicholls, l'une des grandes sopranos anglaises du moment : "Juste avant 8 heures, je vois Henry Wood prendre place derrière le rideau au bout de l'estrade, montre en main. Sur le coup de huit heures, il se dirige rapidement vers la tribune, boutonnière et tout, et commence l'Hymne National. Quelques instants pour que le public s'installe, puis l'Ouverture de Rienzi,** et le premier concert des Promenades  commençait”

Cet homme intelligent, très ouvert à la création moderne, contribua à promouvoir ses contemporains tels que Claude Debussy, Richard Strauss, Max Reger, Arnold Schönberg ou Anton Webern (ce dernier pas très bien accueilli il faut le dire !). Il créa un grand nombre d’oeuvres de Benjamin Britten, Frederick Delius, Edward Elgar (tout le monde connaît Pomp and Circumstance), Sergei Rachmaninoff ou Ralph Vaughan Williams. Il dirigea de temps à autre ses propres compositions et arrangements. Ainsi, il composa l'œuvre pour laquelle il devint célèbre, Fantasia on British Sea Songs, destinée au concert de 1905 célébrant le centenaire de la bataille de Trafalgar.

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Le très british Edward Elgar

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Arnold Schönberg

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Benjamin Britten en répétition

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Richard Strauss à son piano

De façon géniale, il capta immédiatement l'attention du public, avec ce medley composé de chants de marins, de "See the Conqu'ring Hero Comes" de Haendel à écouter ici , de "Land of Hope and Glory" de Arthur Benson et E. Elgar et "Rule, Britannia!" de Thomas Arne. Il le dirigea très souvent aux Proms ; c'est devenu ainsi un incontournable de la "Last Night of the Proms", le concert effervescent et trépidant marquant la fin de chaque saison. Je l'évoquerai plus loin.

Deux guerres mondiales et deux guerres d’égos - Durant la Première Guerre mondiale, une campagne fut lancée pour bannir la musique allemande des concerts. Robert Newman déclara que la musique allemande serait jouée comme prévu car les plus grands exemples de Musique et d'Arts sont des possessions du monde et sont inattaquables même par les préjugés et les passions de l'heure”. Décidément "a very clever man", passionné, tout à fait d’avant-garde !

Faits remarquables : dans les années 1920 le Queen's Hall devient le champ de bataille d’égos bien masculins : opposants et partisans de la radiodiffusion par la BBC s’affrontent et après de laborieuses négociations, la BBC remplace en 1927 en tant que mécène, Chappell, éditeur musical et fabricant de pianos londonien bien connu. Par ailleurs, les directeurs musicaux successifs devenant conscients que le niveau de performance de l’orchestre est moyen au regard de celui de l'Orchestre philharmonique de Berlin, dirigé par Wilhelm Furtwängler, dès 1930 vont surgir le BBC Symphony Orchestra créé par la BBC (British Broadcasting Corporation) et dès 1932 le London Philharmonic Orchestra fondé par les chefs d’orchestre Thomas Beecham et Malcolm Sargent. Vont éclore deux phalanges anglaises incontournables, dont le niveau orchestral atteindra, encore maintenant, l’excellence.

La catastrophe - Pendant la Deuxième Guerre mondiale, la nuit du 10 mai 1941, un bombardement intensif a lieu sur Londres - le Blitz -  durant lequel la Chambre des Communes et plusieurs autres bâtiments sont détruits ; le British Museum et l'Abbaye de Westminster sont sérieusement endommagés. Une bombe incendiaire a raison du Queen's Hall, hélas au-delà de tout espoir de réparation. Les Proms sont transférées au Royal Albert Hall qui restera leur site principal. Henry Wood usé par la succession de tels événements s'éteint en 1944. Un glorieux chapitre des Proms vient de se clore.  

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La salle du Queen's Hall entièrement dévastée lors du Blitz

La magnifique salle du Royal Albert Hall à South Kensington - Cet immense auditorium consacré à des événements artistiques de premier plan  : concerts, ballets, premières de film et opérations prestigieuses, avait été imaginé par le prince Albert, époux de la reine Victoria, qui souhaitait un bâtiment pour promouvoir les arts et les sciences. En son hommage on lui donna son nom car Albert disparut en décembre 1861 sans voir la réalisation de son rêve. C‘est depuis longtemps la salle la plus mythique de Grande-Bretagne, dans laquelle tout musicien de talent rêve de se produire. Sa construction débuta en mai 1867 et son inauguration se fit en mars 1871. Son architecture s’inspire du Colisée de Rome avec sa forme elliptique et son architecture monumentale. Son style est incontestablement italianisant avec la salle construite principalement en briques rouges, couronnée d' une frise en céramique blanche de Minton mêlant groupes allégoriques  et citations historiques et religieuses .

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Le Royal Albert Hall lors des Proms, vu depuis Kensington Gore, South Kensington - ph bbc.co.uk

Le dôme qui lui donne l’allure d’un gigantesque pudding saupoudré de sucre, est une structure de verre et de poutres métalliques. La salle peut contenir environ 9 000 spectateurs mais, en tenant compte des mesures actuelles de sécurité, sa capacité a été réduite à 5 500, assis et debout ou assis par terre, car le “parterre” ne comporte pas de sièges, comme les galeries supérieures à l'atmosphère bon enfant, où l'on peut s'étendre et se désaltérer sans façons, avec vue plongeante sur l'ensemble. 

Malgré tous les soins apportés à cette construction titanesque pour l’époque, ce n'est qu'après l'achèvement du bâtiment que sa mauvaise acoustique choqua,

car le temps de réverbération était de… 11 secondes. C’est seulement en 1969, presqu’un siècle plus tard, que les inconvénients furent réglés après de très nombreux calculs, tests et reconfigurations. Le métier d'acousticien est très récent.  

Surnommé, à son installation, "La voix de Jupiter", son grand orgue fut conçu par le célèbre facteur anglais Henry Willis (1821-1901), en 1871. Il comprenait 111 jeux et pratiquement 10 000 tuyaux  dont le plus important pèse une tonne ! Il était autrefois le plus grand instrument au monde et subjuguait littéralement les mélomanes. De multiples révisions et transformations, respectueuses de l’original et du fameux “Great Chorus” de Willis furent effectuées jusqu’en... 2004 où, enfin, grâce aux récents perfectionnements technologiques et à l’ajout de 36 jeux, il fut inauguré en grande pompe. Autant dire que pendant la Last Night, le niveau des décibels est exceptionnel. Les plus grands organistes eurent et ont l’honneur de le jouer au moins une fois dans leur vie.

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Superbe façade en couronne de l'orgue - ph bbc.co.uk

Chefs prestigieux, innovations et événements mémorables - Ce qu'il y a de très honorable chez le chef d'orchestre en chef, Malcolm Sargent (1895-1967) qui reprit le flambeau en 1947, c'est le respect intégral  de  l'esprit  impulsé par les créateurs des Proms en 1895. Il était organiste et compositeur d'oeuvres chorales, il a toujours défendu la musique chorale et les compositeurs britanniques ; mais pas seulement, il défendit âprement  le compositeur et chef Samuel Coleridge Taylor (1875-1912) afro-britannique métis, si doué et performant que les Américains le surnommèrent le "Mahler africain". 

Puis des chefs et administrateurs hors du commun se succédèrent et le répertoire des Proms s’enrichit dans les années soixante avec des compositeurs révolutionnaires de tous pays comme Berio, Boulez, Dallapiccola, Lutoslawski ou Stockhausen mais aussi grâce à l’apport de la musique ancienne avec Monteverdi ou Palestrina. En outre, le nombre d’orchestres étrangers et réputés augmenta comme l’Orchestre Symphonique de la Radio de Moscou qui se produisit en 1966 ouvrant la voie à tous les grands orchestres et solistes mondiaux. La plus frappante innovation, très médiatisée,  fut l’exhibition du groupe britannique de jazz fusion Soft Machine pionnier du mouvement psychédélique, innovant ainsi des séries de concerts de groupes pop et rock et des affiches faites pour un public de tous âges. Toujours accompagnées de la politique tarifaire qui présida à la naissance des Proms.

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Malcolm Sargent dirigeant la Dernière Nuit de 1966 - ph.bbc.co.uk

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Le groupe devant le Royal Albert Hall en 1970  ph.soundohm.com/artist

Autres nouveautés notables pour le moment musical le plus important du calendrier britannique : les célébrations d’anniversaires des compositeurs et chefs d’orchestres disparus. Certaines saisons sont marquées par plusieurs commémorations comme par exemple l’année 2007 qui vit le 150e anniversaire de la naissance de Sir Edward Elgar ; le 100e de la mort d' Edvard Grieg ; le 50e de la mort de Jean Sibelius ; les 80 ans du premier parrainage des Proms par la BBC et en 2008 le 50e anniversaire de la mort de Ralph Vaughan Williams, le 100e anniversaire de la naissance d’Olivier Messiaen et le centenaire de la mort de Rimsky-Korsakov. Bien sûr les très grands comme Mozart, Bach, Wagner, Beethoven, Verdi ou Liszt, et j’en passe, furent et sont encore des événements marquants suivis par plusieurs millions d’auditeurs.

A souligner :  les éternelles oubliées dans ce monde d'hommes, les femmes.

C'est le 7 septembre 2013 seulement qu'un chef féminin - Marin Alsop - dirigea la fameuse Dernière Nuit des Proms. Cette Américaine, à la tête de l'Orchestre Symphonique de Baltimore, a été la première femme de l'histoire des Proms au pupitre, depuis cent dix-neuf saisons... Plus tard, sept chefs d'orchestre féminins prirent la baguette en 2017 pendant la même saison ; et vingt-deux compositrices firent enfin leur entrée  en 2018  au répertoire, ceci à l’occasion du 100è anniversaire du droit de vote à certaines femmes du Royaume-Uni en 1918… Il fallait donc un prétexte même mince à ces messieurs ! La réflexion des administrateurs misogynes prit pas mal de temps : 100 ans après ce droit de vote si durement conquis ! Un bel accroc à  la générosité des Proms voulue par Robert Newman !

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La maestra Marin Alsop dirigeant la Dernière Nuit des Proms de 2013

The Last Night - la Dernière Nuit des Proms, fête rituelle

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Salle comble, tenue décontractée et agitation de drapeaux lors de la Last Night de 2008

“Il ne peut y avoir rien d'autre au monde comme la dernière nuit des Proms. Probablement peu d'étrangers en sont témoins, et s'ils le faisaient, il est douteux qu'ils seraient rassurés quant à notre goût musical national, car une partie de l'enthousiasme du public s'exprime presque comme du hooliganisme !” Ce commentaire d’un journaliste du Manchester Guardian a été formulé en… 1951. Son opinion est toujours d’actualité pour des milliers de Promers (habitués.) 

Le concert, toujours dirigé par un chef star, se situe dans une veine plus légère et bon enfant, avec des airs classiques et, surtout, des pièces patriotiques britanniques anciennes et très fédératrices que tout le monde sans exception connaît par coeur. L'orgue donne toute sa puissance.

D'où une chorale parfaite et vigoureuse. Cette Last Night telle que nous la connaissons a été réinventée lorsque Malcolm Sargent a été nommé chef d'orchestre en chef de la saison 1947 agissant en tant que maître de cérémonie, concluant par un discours humoristique de remerciements aux spectateurs et aux musiciens et annonçant la date de la Première Nuit de l'année suivante. Les participants y assistent en costume cravate ou déguisés, ou vêtus de tee-shirts et de chemisettes avec noeud pap' aux couleurs de l'Union Jack. On est au coeur d'une exubérance qui peut sidérer les non britanniques, d'autant que les chants patriotiques sont aussi terriblement impérialistes, même si totalement dépassés en ce 21è siècle. Aucun n'est oublié Land of Hope and Glory, Fantasia on British Sea-Songs ; Rule, Britannia ! ;​ Jerusalem The National Anthem (God Save the King) et Auld Lang Syne.

La controverse sur Rule, Britannia

Pour écouter ce chant très célèbre, cliquez ici interprété lors de la saison 2009 par la soprano Sarah Connolly costumée en Amiral Nelson et dirigée par le chef américain David Robertson.  On notera sur la vidéo, plein écran, l'ambiance de la salle pleine à craquer, les rubans et fanions colorés qui jonchent la scène, un choeur très fourni et les milliers de participants à l'extérieur dans Hyde Park qui braillent avec une même ferveur, ces chants exaltants, le spectacle étant transmis en direct sur écrans géants. On en a la chair de poule.

Or, l’idée de patriotisme “dérangeant” couvait depuis les années soixante. En effet William Glock - critique et administrateur musical - qui avait pris la relève en tant que directeur des Proms en 1960 a suscité la controverse en 1969, lorsqu'il a annoncé que Rule, Britannia! et Land of Hope and Glory devaient être retirés du programme de cette année-là. Les medias furent horrifiés. Glock dont on reconnaissait “la perspicacité, le goût et le jugement,” était un novateur et réformateur : c’est lui qui  introduisit les chefs d'orchestre étrangers.

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Sarah Connolly en Amiral Nelson brandissant une épée qui dissimulait l'Union Jack. - 2009

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Affiche de l'époque victorienne

Le Guardian titra joliment“ Allons-nous maintenant avoir honte de nos excentricités nationales ? A ce rythme, les Anglais n'auront bientôt plus grand-chose à se vanter ! “ La BBC  renversa cette décision deux semaines plus tard et le patriotisme forcené revint en 1969 pour la Last Night. Mais au début des années 2000, le grand chef - non britannique - Léonard Slatkine  exprima au cours de son mandat le souhait d’atténuer le “patriotisme” de The Last Night, notamment Rule, Britannia, “chant de masse” qui a des relents d'arrogance et de traite négrière  troublant bien des gens, les paroles suggérant aussi que les Britanniques eurent et ont la supériorité sur les autres pays…

En voici les premiers vers, très pompeux, et le refrain en Français 

Lorsque la Grande-Bretagne, première sur l'ordre du ciel,

Émergea de la mer d'azur, 

Ce fut la loi, la loi de la Terre.

Et les anges gardiens chantèrent ces vers :

Règne Britannia, Britannia régis les flots !

Jamais, jamais les Britanniques ne seront esclaves. 

Je ne peux développer ici les nombreuses vagues de récriminations issues de toutes provenances y compris gouvernementales. Le site Wikipedia Rule, Britannia donne un bon récapitulatif historique du chant et le site de l’express.co.uk - fourni plus bas - relate la controverse dans tous ses détails laissant comprendre que  cette délicate affaire est loin d'être terminée ! Elle me fait penser à ce comité français qui, il y a plusieurs années, avait milité pour que les paroles guerrières de La Marseillaise soient réécrites ! Pas de nouvelles à ce jour.

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Pique-nique géant à Hyde Park avant la transmission de la Dernière Nuit

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Couverture en direct de la Dernière Nuit par la BBC One - ph. bbc.co.uk

The Last Night in the Park - La Dernière Nuit dans le Parc  -  Ce point culminant de la saison se vit également à Hyde Park, face au Royal Albert Hall. Il a débuté en 1996 et a accueilli les foules au long des années, jusqu’à ce que les musiciens du BBC Concert Orchestra se produisent sur scène, et que les Proms in the Park se délocalisent en Ecosse, au Pays de Galles et en Irlande du Nord, commençant strictement au même moment. Tout cela donne l’occasion de pique-niques gigantesques à l’atmosphère familiale, non conformiste et amicale, dans un même but : celui de célébrer le partage d’une identité commune grâce à toutes les musiques. Détail amusant, sur les billets différents conseils sont dispensés : les vêtements à porter par mauvais temps, la crème solaire, les objets permis ou interdits. C’est une fête avant la fête : mini-tables recouvertes du drapeau anglais, paniers embellis aussi du drapeau, bières anglaises, vin léger et finger-sandwichs typiques garnis de concombre-salad-cream, d’oeufs brouillés-cresson, de tranches de boeuf-raifort, de pickles et de sandwich-spread, etc. tout cela donne un mélange cocasse de sérieux  un peu raide et d’anti conformisme débridé. Lors de la transmission, certains hymnes donnent l’occasion de fléchir les genoux sur les temps faibles et de s’époumoner sur les temps de plus en plus rapides en se baissant et se redressant avec un synchronisme remarquable. Selon l’adage britannique, “il émane une sérieuse application à ne pas se prendre au sérieux !”. Puis la mémorable soirée se clôt par un feu d’artifice très acclamé. Fin de la saison.

C’est sur cette annonce de septembre 2022 qui laissa des millions de gens désemparés que je termine mon évocation de ce festival musical absolument hors norme : 

"Following the very sad news of the death of Her Majesty The Queen, as a mark of respect we will not be going ahead with Prom 71 on Friday 9 September, or the Last Night of the Proms on Saturday 10 September."      "A la suite de la très triste annonce du décès de Sa Majesté La Reine, par respect, nous ne maintiendrons pas les concerts de vendredi 9 septembre et la Dernière Nuit des Proms de samedi 10 septembre. "

Delphine d'Alleur - 2022

Notes  

* Durant ses études à l' Académie Royale de Musique , il subit l'influence du professeur de chant Manuel Garcia - le père de Pauline Viardot que j’évoque dans Tourgueniev et Cie à Baden - et devient même son accompagnateur. Plus tard, au cours de sa carrière, il eut l’insigne honneur de diriger la Première britannique d' Eugène Onéguine de Tchaïkovski en 1892.

** Rienzi, der letzte der Tribunen (Rienzi, le dernier des Tribuns) opéra de Richard Wagner créé en octobre 1842

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