Manuel de  Falla, l'Art, le Feu, la Foi

Manuel de Falla l'art, le feu, la foi - déambulations européennes
Manuel de Falla, l'art, le feu la foi - déambulations européennes

" Une ferveur douloureuse, une nostalgie qui s’élève sans cesse, se spiritualise toujours et tend enfin à son principe, forment le fond du lyrisme ardent dont cette musique est involontairement mais visiblement pénétrée. Cette ardeur secrète, où saigne une mystérieuse blessure, est la marque essentielle du génie de Falla ". Roland-Manuel

L’un des compositeurs les plus emblématiques, mais aussi les plus déconcertants d’Espagne, naquit à Cadix (Andalousie) en novembre 1876.  Après de précoces études musicales, il étudie en 1901 la composition et l’orchestration au Conservatoire de Madrid avec Felipe Pedrell, musicologue et compositeur, qui eut aussi Enrique Granados comme élève. Manuel de Falla compose déjà de petites pièces pour piano, qu’il “reniera” plus tard : caprices, sérénades, illustrant les genres de son pays, mais s’intéressant aussi aux chants gitans et aux mélodies orientales. Pedrell éveille chez Falla une passion pour la musique traditionnelle, notamment la zarzuela, genre théâtral lyrique populaire. Sa nourrice, la " Morilla ", l’influença aussi en lui chantant des ballades anciennes, comme il le racontera plus tard. Un tel bagage musical nourrira l'esprit nationaliste de ses propres oeuvres.

Il remporte en 1905 le Prix de l’Académie des Beaux-Arts San Fernándo de Madrid pour son drame lyrique La Vie brève (La vida breve). Cette bourse lui permet de poursuivre ses études à Paris. Soulagé de ne plus vivre de leçons de piano et d’un quotidien étriqué, il  débarque en juillet 1907 dans la capitale française. Son inspiration en est immédiatement stimulée.  Venu pour peu de temps, il y séjournera jusqu’à la déclaration de guerre en août 1914, contraint de quitter la France étant étranger.

Paris la grande âme  -  Ami du compositeur Isaac Albéniz qui lui présente un autre compositeur et pianiste espagnol Joaquin Turina, il se lie, grâce au brillant pianiste catalan Ricardo Viñès, avec tous les compositeurs français du moment : Claude Debussy et Maurice Ravel, dont les sonorités dites impressionnistes ne peuvent que l'inspirer, Paul Dukas, Florent Schmitt et aussi Albert Roussel. Il est ainsi rapidement intronisé dans le fameux Cercle des Apaches (à ce sujet je vous propose de lire l’article sur Edouard Bénédictus), en révolte contre les héritages musicaux et les " traditions ennuyeuses. " Les Apaches veulent faire table rase du passé et inventent leur modernité ; la moyenne d’âge à la veille de la Première Guerre mondiale n’est que de trente-sept ans. Falla en sera un membre régulier pendant ses sept années parisiennes. Il était donc fort bien entouré... d'hommes - aucune femme n'ayant été jamais admise dans le cénacle !

Détail intéressant, c'est à Paris, avec le recul, que Manuel de Falla devient réellement un créateur espagnol.  Sa musique exprimait déjà une identité ibérique, mais c'est la découverte à Paris des mouvements novateurs qui déclenche le réveil de son sentiment nationaliste. Le compositeur trouve sa manière à lui d'exprimer sa personnalité. "Sans Paris, je serais resté enterré à Madrid, inhumé et oublié, menant une vie sombre, vivant misérablement de quelques leçons"… confessera-t-il.  Il faut savoir en outre, que la France était très sensible depuis le dernier tiers du XIXè siècle aux rythmes et aux sons du folklore espagnol. Que l’on pense à Camille Saint-Saëns,

Edouard Lalo, Georges Bizet, Emmanuel Chabrier et même Rimski-Korsakov ; on parlait alors d’ " espagnolades ". D’autres s’y sont exercés plus tard comme Claude Debussy avec Iberia, Mel Bonis avec Les Gitanos, Roussel avec Segovia et bien sûr Maurice Ravel avec l’universel Boléro.

Florent Schmitt-Manuel de Falla, l'art, le feu, la foi-déamblations européennes

Florent Schmitt  

Paul Dukas-Manuel de Falla, l'art, le feu, la foi-déambulations européennes

Paul Dukas

Claude Debussy

Albert Roussel-Manuel de Falla, l'art, le feu, la foi

Albert Roussel

Isaac Albeniz-Manuel de Falla, l'art, le feu, la foi

Isaac Albéniz

Ricardo Vines-Manuel de Falla, l'art, le feu, la foi

Ricardo Viñès

Maurice Ravel-Manuel de Falla, l'art, le feu, la foi-déambulations européennes

Maurice Ravel

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Hélas, se tenant à l’écart des manifestations officielles et des mondanités, Manuel de Falla, profondément timide et cérébral, ne se livrant pas, alliant une trop grande modestie à une austère pudeur, vit en solitaire son impécuniosité, ses ennuis de santé, ses manies de vieux garçon et ses déconvenues de musicien.

Sa foi proche du mysticisme - prières et méditations quotidiennes - lui sert de soutien, et pourtant… Igor Stravinsky dit de lui : " il est le religieux le plus impitoyable que j’aie jamais connu - et le moins sensible aux manifestations de l’humour ". Il est vrai que les deux ne vont pas de pair ! Les critiques qualifiaient Francis Poulenc de " moine et voyou " ; on aurait pu dire de Falla : “moine et gitan ”. Le compositeur et pianiste Anton Rubinstein eut cette image : " un moine en habit de civil ", lequel habit était perpétuellement noir. 

Des sociologues ont écrit que la religion - chez certains - “provoque une asocialité autodestructrice”, Falla avait un rapport avec la religion de soumis terrorisé - trahissant sûrement de grands manques affectifs et relationnels -  alors que celle-ci doit apporter apaisement, espoir, émerveillement devant les joies que la vie met sur le chemin et réconfort. Falla, lui, fuyait tout hédonisme, asséchant son corps, doutant de son potentiel créatif en permanence, se réfugiant dans le travail, façon de fuir la vraie vie. Pourtant ses ballets les plus connus débordent d’une chaude sensualité, d’un désir de séduction quasi érotique et d’une exaltation du corps très andalouse :  ondulations de tout le corps et des poignets, claquements des mains (les palmas), jeux sonores des pieds (les zapateados) et gestes amples issus de la tauromachie.

Manuel de Falla au piano- Manuel de Falla, l'art, le feu, la foi-déambulations européennes  _à_Grenade.jpg

Le compositeur à son piano

Comparons simplement les rythmes gitans frénétiques et échevelés qu’il modernisa et magnifia avec les rythmes sages, souvent statiques et invariables des danses folkloriques françaises ou du nord de l’Europe, encore identiques de nos jours.

Sur le plan physique, son visage aux traits nobles et réguliers inspirait certainement le respect, mais son regard craintif devait créer la distance, tant il en émane de mélancolie et d’intériorité. Il n’y a qu’à observer les différentes photos que l’on a gardées de lui. Son regard est lointain. Par curiosité, allez voir le portrait de Rudyard Kipling dans la rubrique Méditez !

Chaque jour, ses amis du Cercle des Apaches s’efforcent d’atténuer les rigueurs d’une telle existence. Musicien raffiné, exigeant, laborieux, un peu comme Maurice Ravel avec lequel il a beaucoup de points communs et

Th.Gautier-Manuel de Falla, l'art, le feu, la foi-déambulations européennes

Théophile Gautier

d’affinités, voire plus a-t-on dit, il est pourtant “loin d'être un tempérament froid et exsangue ; ce fut une âme fière et généreuse qui spiritualisa ses impulsions vitales débordantes par une maîtrise et une discipline de fer.”  Il marque ses premières œuvres - très riches - de l’esprit de l’Andalousie. On a évoqué ci-dessus La Vie brève dont la création n’a lieu qu’en... 1913 à Nice.  Mais il y a aussi en 1908 Quatre pièces espagnoles pour piano créées par Ricardo Viñès (lui aussi confit en dévotion, en outre amateur d'occultisme) et éditées en France, “fugace moment de joie dans une vie terne”. Egalement Trois Mélodies sur des poèmes de Théophile Gautier en 1909 et les fameuses Sept Chansons populaires composées en 1914, quelques semaines avant le début de la guerre et son retour à Madrid.

Il orchestrera ces dernières plus tard et de nombreux musiciens les transcriront pour les instruments les plus divers encore aujourd’hui. Puis Nuits dans les Jardins d’Espagne, pièce

écrite pour piano solo en 1915, créée par Vinès. Un des morceaux les plus franchement impressionnistes de Falla. " Le frémissement de la nuit andalouse est presque tangible au fond des trois mouvements " note le critique britannique Piers Burton-Page " l’effet est irréel, hors du temps et de l’espace ". 

C’est une fois installé à Madrid, qu’il écrit  L’Amour Sorcier (L’amor brujo) – le titre n’est pas anodin... - pantomime pour orchestre de chambre créée en avril 1915. Or le succès n’étant pas au rendez-vous, il remanie l’œuvre, la ré-orchestre pour un effectif symphonique et la donne en mars 1916. Mieux accueillie.  Le thème en est l’amour, la magie et la mort. Comme ces trois mots sont révélateurs ! Sa musique « déploie la plus grande variété, allant du flamboiement sauvage de passages tels que la Danse rituelle du Feu au raffinement aristocratique du Cercle magique qui marque un aspect tout différent de l’Espagne » commente toujours Burton-Page, spécialiste de la musique ibérique sur la BBC. Je vous invite à visionner - en cliquant ci-après - la Danse rituelle du Feu, extraite du film de Carlos Saura tourné en 1986 sur une chorégraphie du prodigieux Antonio Gadès. C’est ébouriffant.                                                                                                 

Commande de Serge de Diaghilev, le ballet en un acte Le Tricorne (El sombrero de Tres Picos) fut composé en 1917 et créé à Londres en juillet 1919, après la guerre, par les Ballets Russes sur une chorégraphie de Léonide Massine et des décors et costumes de Picasso. Ce fut un immense succès. A Paris  l’œuvre fut reprise en janvier 1920 avec des décors différents et

El-Amor-Brujo-Manuel de Falla, l'art, le feu, la foi

Jaquette du DVD du film 

Antonio Gadès-Manuel de Falla, l'art, le feu, la foi

Antonio Gadès

Affiche Tricorne-Manuel de Falla, l'art, le feu, la foi

Affiche du Tricorne 1919-1920 par Picasso

dirigée par le fameux  chef russe Koussevitzky. L’action, tirée du roman de Pedro de Alarcon que tout  collégien  espagnol étudie, est faite d’intrigue, de jalousie et de vengeance. " La musique de Falla déroule de magnifiques passages : la danse de la meunière qui est un brillant fandango, la danse des voisins une séguédille énergique ou langoureuse ; le finale, une jota débordante de vie et crépitante de castagnettes " pour citer encore  Burton-Page. Manuel de Falla, aux dires de nombreux critiques, ne dépassera jamais  ces deux somptueux ballets, en éclat, couleur et exaltation. Il faut ajouter : en sensualité exacerbée. Ce qui fait toute la singularité et même l’étrangeté de cet homme qui, fragile, s'est autodétruit. N’y a-t-il jamais eu une âme pure pour tenter de l’extraire de cette dualité tyrannique, de “cette mystérieuse blessure” dont parle Roland-Manuel ?   

Manuel de Falla, l'art, le feu, la foi, déambulations européennes
Maison de Falla à Grenade

En 1920, le compositeur s’installe à Grenade, haut-lieu de la civilisation arabo-andalouse, où il se sent chez lui. Il y vivra une vingtaine d’années.  Il retouche Nuits dans les jardins d’Espagne pour piano et orchestre créée en 1921, laquelle sera interprétée plus tard par la grande pianiste espagnole Alicia de Larrocha. L’année suivante c’est la création des Tréteaux de Maître Pierre un opéra de chambre pour chanteurs et marionnettes, commandé par la riche Winaretta Singer, héritière de l’industriel américain Singer (des machines à coudre), princesse de Polignac et mécène éclairée. L’oeuvre, très originale, mêlant vigueur et délicatesse, est destinée à être représentée dans le grand salon de son somptueux hôtel particulier de Paris**. Construits sur un épisode du Don Quichotte de Cervantès, " …par leur vigueur et leur originalité, les Tréteaux de Maître Pierre comptent parmi les chefs-d'œuvre de la musique moderne. Ils devaient contribuer à désigner Manuel de Falla comme le plus grand compositeur espagnol moderne. " ***  L’ouvrage bénéficia d’un accueil mondial.  

Les tréteaux de Maître Pierre - Manuel de Falla, l'art, le feu, la foi
Gravure des Tréteaux de
              Maître Pierre de Gustave Doré,               colorée par Luis Tasso 

Un sensuel qui se réprime ; une personnalité double -   Manuel de Falla resta    célibataire, sans femme, sans véritable expérience sexuelle, (à l’exception de celle qui lui a laissé une maladie vénérienne), ni amoureuse connue (hormis une passion sans lendemain pour une cousine ; mais quel très jeune homme n’a pas eu son Albertine avant de se tourner vers une autre tendance ? On s’est souvent demandé si Manuel de Falla était un homosexuel refoulé.  C’est fort possible, mais le sujet reste tabou - cent ans après - pour beaucoup de musicologues qui, comme pour Maurice Ravel, refusent de l’aborder. Il semblerait que ce dernier ait simultanément entretenu des relations avec Vinès et Falla.  Ce dernier menait sûrement un combat intime permanent, repoussé et

Fondation Singer-Polignac-Manuel de Falla, l'art, le feu, la foi

Hôtel particulier Singer-Polignac Paris

fasciné par les doutes sur ses attirances. D’où son côté passe-muraille évident qui semble dire  "excusez-moi si j'existe". D’autant qu’il était un ami proche de plusieurs artistes homosexuels qui, eux, se dissimulaient à peine, comme Francis Poulenc, lui-même très proche de Henri Sauguet, Jean Cocteau, Louis Aragon, Max Jacob, dont il a mis certains de leurs poèmes en musique,  également la claveciniste Wanda Landowska,  Serge de Diaghilev,  Ricardo Viñès

Francis Poulenc-Manuel de Falla, l'art, le feu, la foi

Francis Poulenc

Sergei de Diaghilev-Manuel de Falla, l'art, le feu, la foi

Serge de Diaghilev 

(qui fut condisciple de Ravel dans la classe d’écriture et d’harmonie), ceux-ci étant reçus fréquemment par Winaretta Singer mariée au prince Edmond de Polignac, homosexuels tous les deux.

Si la figure de Maurice Ravel reste intouchable - on sait que celui-ci fit preuve d’une extrême discrétion sur sa vie privée et ne laissa jamais rien paraître - c’est par les bavardages de certains de ses amis qu’on apprendra que Ravel n’était pas aussi solitaire et distant qu’on le pensait. Certes Falla, catholique pratiquant et rigoriste, avait l’obligation morale de rejeter l’homosexualité perçue comme un “comportement intrinsèquement désordonné” (formule actuelle)  et donc objet de réprobation car d’une extrême gravité. D'autant qu'il était né dans une Espagne répressive, qui le resta jusqu’au début des années soixante-dix. En revanche, des biographes estiment plutôt que Falla, subissant les séquelles de sa maladie vénérienne, mal soignée, pratiquait un “ascétisme qui se confondra avec la crainte perma- nente de la colère divine et un ressentiment plus ou moins manifeste envers le sexe. (...) Personne ne le verra jamais avec une autre femme” (que sa soeur).  

Federico García Lorca-Manuel de Falla, l'art, le feu, la foi

Federico Garcia Lorca

Espagne, guerre civile et exil en Argentine  

Falla arrive à Grenade à la mi-septembre 1920, loge près de l'Alhambra où le poète Federico Garcia Lorca  (lui-même homosexuel, habitué d’un cercle d’intellectuels essentiellement masculins et gays) lui rend fréquemment visite, voyant dans le compositeur “ un saint, un mystique “, “admirant son mépris pour la vaine gloire," le présentant comme "l’authentique gloire de l'Espagne “.  En 1922,  Lorca et Falla qui s’intéressent au cante jondo - chant profond hérité de la plus ancienne et parfaite tradition du flamenco et constitutif du folklore gitan - organisent un festival consacré à ce genre. Ensemble Ils travaillent étroitement sur plusieurs projets. Puis, touché par la mort de Debussy, Falla devient plus sombre ; il compose un hommage Pour le tombeau de Claude Debussy. Il en écrira un autre plus tard à la mémoire de son ami Paul Dukas.

Progressivement, il “aborde des chemins plus arides (...) au profit de la musique de chambre” d’où naîtra son fameux Concerto pour clavecin et 5 instruments - "oeuvre du renoncement "- écrit spécialement pour Wanda Landowska, aux sonorités âpres, austères et dépouillées. Celle-ci en fut décontenancée, dit-on.

En 1936, alors que la guerre civile éclate, Manuel de Falla, homme libre par excellence et ne voulant se laisser manoeuvrer par aucun des camps, souffre devant les massacres perpétrés et est horrifié par l’assassinat de son très cher Federico - dont les œuvres sont interdites par Franco -  sommairement exécuté par des partisans antirépublicains. Alors, en 1939, accompagné de sa soeur, il s’exile en Argentine et s’installe d’abord à Buenos-Aires où il dirige des concerts, ses oeuvres étant favorablement accueillies ; puis dans une ville balnéaire près de Cordoba. Il avait commencé dès 1928 à travailler sur un oratorio monumental L’Atlantide, d’après un poème mystique du père Verdaguer. Il le peaufine jusqu’à ses derniers jours mais ne l’achèvera jamais, tiraillé par des scrupules religieux et artistiques. Pourtant très motivé par cette entreprise d’ardente religiosité :                                                                                                               

museo-manuel-de-falla/Manuel de Falla, l'art, le feu, la foi
La villa-musée Manuel de Falla à Alta Gracia en Argentine

"C’est l’oeuvre dans laquelle j’ai mis le plus d’enthousiasme. Puissé-je avoir vie et santé, au moins pour la terminer” confie-t-il. Il y travailla dix-neuf ans et en laissa plus de deux-cents feuillets. C’est l’un de ses disciples qui y mettra un point final et la fera représenter … en 1961.   

Grenade-Manuel de Falla, l'art, le feu, la foi-déambulations européennes

Auditorium Manuel de Falla - Grenade -  1978

Sa vie d’ermite, ses difficultés financières, sa santé mal soignée et son mysticisme croissant - il avait fait de la religion son bourreau - l’enfermèrent de plus en plus dans le silence. Il mourut en novembre 1946 dans sa villa d’Alta Gracia qu’il partageait avec sa sœur depuis 1942. Personne mieux que le compositeur Roland-Manuel n’évoqua la fragilité de l’homme, son côté passionné secret et pathétique, son immense mal-être et son œuvre :  "La louange que l’œuvre nous inspire répugne à rejaillir sur la personne de son auteur. Pour Falla, l’idéal de l’artiste tient en un mot : disparaître " **** 

Delphine d’Alleur - 2020  

* Roland-Manuel, compositeur et critique, in Manuel de Falla, Cahiers d’Art – Paris 1930

** Si vous avez l’occasion d’assister à un concert donné par la Fondation Singer-Polignac, avenue Georges Mandel à Paris, allez-y,

   vous serez ébloui.

*** Bruno Duteurtre – Fondation Singer-Polignac – in Présentation de la saison 2008-2009

**** Derniers mots de la citation placée en introduction de l’article

 

Références

Photos Wikimedia Commons et Archives Manuel de Falla - Photo du portrait couleur du chapitre Rencontrez © periodicolaopinion.com